Le Bateau Ivre -El Barco Ébrio- es uno de los más famosos poemas de Rimbaud

Rimbaud http://fr.wikipedia.org/wiki/Arthur_Rimbaud

Le Bateau Ivre http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Bateau_ivre

Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J’étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m’ont laissé descendre où je voulais.

Dans les clapotements furieux des marées,
Moi, l’autre hiver, plus sourd que les cerveaux d’enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N’ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu’un bouchon j’ai dansé sur les flots
Qu’on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l’oeil niais des falots !

Plus douce qu’aux enfants la chair des pommes sûres,
L’eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin.

Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d’astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;

Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rhythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l’alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l’amour !

Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants : je sais le soir,
L’Aube exaltée ainsi qu’un peuple de colombes,
Et j’ai vu quelquefois ce que l’homme a cru voir !

J’ai vu le soleil bas, taché d’horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !

J’ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes,
Et l’éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !

J’ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
Hystériques, la houle à l’assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !

J’ai heurté, savez-vous, d’incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux
D’hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l’horizon des mers, à de glauques troupeaux !

J’ai vu fermenter les marais énormes, nasses
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !
Des écroulements d’eaux au milieu des bonaces,
Et les lointains vers les gouffres cataractant !

Glaciers, soleils d’argent, flots nacreux, cieux de braises !
Échouages hideux au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés des punaises
Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !

J’aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
Du flot bleu, ces poissons d’or, ces poissons chantants.
– Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
Et d’ineffables vents m’ont ailé par instants.

Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Montait vers moi ses fleurs d’ombre aux ventouses jaunes
Et je restais, ainsi qu’une femme à genoux…

Presque île, ballottant sur mes bords les querelles
Et les fientes d’oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds.
Et je voguais, lorsqu’à travers mes liens frêles
Des noyés descendaient dormir, à reculons !

Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
Jeté par l’ouragan dans l’éther sans oiseau,
Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
N’auraient pas repêché la carcasse ivre d’eau ;

Libre, fumant, monté de brumes violettes,
Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur
Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,
Des lichens de soleil et des morves d’azur ;

Qui courais, taché de lunules électriques,
Planche folle, escorté des hippocampes noirs,
Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques
Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;

Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,
Fileur éternel des immobilités bleues,
Je regrette l’Europe aux anciens parapets !

J’ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
– Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t’exiles,
Million d’oiseaux d’or, ô future Vigueur ?

Mais, vrai, j’ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L’âcre amour m’a gonflé de torpeurs enivrantes.
Ô que ma quille éclate ! Ô que j’aille à la mer !

Si je désire une eau d’Europe, c’est la flache
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi plein de tristesse, lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai.

Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,
Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,
Ni traverser l’orgueil des drapeaux et des flammes,
Ni nager sous les yeux horribles des pontons.

Esta traducción es la buena  -en mi humilde opinión.  No es completamente literal pero el verso conserva mucho del élan de Rimbaud.

El Barco Ebrio
————————
Cuando yo descendía los ríos impasibles,
De pronto me sentí libre de sirgadores
Los habían cazado pieles rojas horribles
Y clavado desnudos en postes de colores.

A mis tripulantes siempre fui indiferente,
Con mis trigos flamencos o mi algodón inglés.
Cuando todo tumulto cesó con esa gente.
Los ríos me dejaron en libertad después.

Entre los movimientos de mares bizarras,
¡Yo en invierno, más sordo que un cerebro de infante,
Corrí! Y las Penínsulas que soltaron amarras
No padecieron nunca un caos mas triunfante.

Las tempestad bendijo mis auroras marítimas.
¡Más liviano que un corcho dancé sobre las olas
Que se llaman eternas portadoras de victimas,
Sin añorar el ojo tonto de las farolas!

Más dulce que a los niños las manzanas primeras,
El agua verde entró en mi casco de pino
Y dispersó el timón y lavó mis maderas
De vómitos y manchas azuladas de vino.

Y desde aquel entonces me bañé en el Poema
Lactescente del Mar, por astros penetrado;
Trague el azur verdoso donde, absorto en su tema,
Flota y a veces baja pensativo un ahogado.

Donde tiñen de pronto el azul que delira
En ritmos lentos bajo el diurno esplendor,
Más fuertes que el alcohol, más vastos que la lira,
Al fermentar, los rojos amargos del amor.

Los cielos en relámpagos he mirado estallar
Y también las resacas, las trombas, las corrientes:
La noche, el Alba hirviente como un palomar,
¡Y vi lo que creyeron ver algunos vivientes!

Vi el sol bajo tiznado de místicos horrores
Iluminar con coágulos enormes y violetas
Parecidos, en viejos dramas, a los actores,
A las olas que huían con sus fiebres secretas.

Soñé la noche verde con nieves infinitas
Que besaban los ojos de un mar que se levanta
En la circulación de savias inauditas,
¡Y el azul amarillo del fósforo que canta!

Seguí meses enteros, como las vaquerías
Histéricas, la ola hacia escollos apáticos
Sin pensar que los pies ígneos de las Marías
Pueden tirar de los Océanos asmáticos.

¡He topado, sabéis increíbles Floridas
Donde asomaban ojos de panteras con pieles
De hombres¡ Arco iris tirando con bridas,
En cielos submarinos, de verdosos tropeles

¡Vi fermentar pantanos enormes, como trampas
Donde se pudre en medio del junco el Leviatán!
Vi deslizarse el agua por misteriosas rampas
Y vi los horizontes que hacia el abismo van.

¡Soles de plata, cielos de brasas encendidas,
Glaciares, varaduras en los golfos traidores
Donde boas gigantes por la chinches comidas
Se caen de los árboles entre negros olores!

¡Ah, mostrar a los niños esas criaturas vivas,
Esos peces de oro, esos peces cantantes!
Espumas de colores mecieron mis derivas
Y vientos inefables me halaron por instantes.

A veces, mártir harto de polos y ecuadores,
El sollozo del mar calmaba mi rolido
Y subía hacia mí sus prodigiosas flores,
Y yo era una mujer, de rodillas caído…

Isla casi, meciendo las disputas eternas
Y el estiércol de rápidas aves de ojos dorados,
Yo navegaba cuando, por entre mis cuadernas,
Caminando hacia atrás bajaban los ahogados.

O bien, barco perdido en bahías apáticas
Que hacia el éter sin pájaros arrastró el huracán,
Yo, a quien los monitores y la naves hanseáticas
El casco ebrio del agua nunca reflotarán:

Libre, ardiente, trepado por las brumas violetas,
Yo que al igual que un muro hendí el cielo de sur,
Que llevo, dulce grato de los buenos poetas,
Sarpullidos de sol y gargajos de azur;

Que corría, manchado de lúnulas eléctricas,
Tabla loca escoltada por negros hipocampos,
Cuando julio hundía con trompadas frenéticas
El cielo ultramarino en los ardientes campos:

Yo que temblé al sentir en otras latitudes
El celo del Behemot y los Maelströms inquietos,
Hilanderos sin fin de azules quietudes
¡Hoy añoro la Europa de antiguos parapetos!

Vi siderales archipiélagos, e islas
Con cielos delirantes libres al remador:
– ¿Duermes en esas noches sin fondo, allí te aíslas,
Millón de aves de oro, oh futuro Vigor?-

¡Tanto lloré! Las Albas son siempre melancólicas,
Toda luna es atroz y todo sol amargo:
El acre amor me hinchó de torpezas alcohólicas.
¡Oh, que mi quilla estalle! ¡Y yo siga de largo!

Si algún agua de Europa deseo es esa charca
Oscura y fría donde hacia el rojo poniente,
En cuclillas un niño triste suelta una barca
Tan frágil como una mariposa reciente.

Olas, no puedo ya, lánguidas compañeras,
Seguir a los airosos cargueros de algodones,
Ni pasar a través de orgullosas banderas
Ni afrontar los horribles ojos de los pontones.

¿?¿?¿?¿?¿?¿?¿?¿?¿?¿?¿?¿?¿?¿

La traducción que circula más y propone Wikipedia en español es esta, me parece infeior:

http://es.wikisource.org/wiki/El_barco_ebrio

Yo sentí al descender los impasibles Ríos
que ya no me sirgaban mis conductores rudos;
de blanco a pieles-rojas chillones y bravíos
sirvieron en los postes, clavados y desnudos.

Por las tripulaciones nunca tuve interés
y cuando terminó la cruel algarabía,
a mí, barco de trigo y de algodón inglés,
me dejaron los Ríos ir adonde quería.

Bogué en un cabrilleante furor de marejadas
más sordo e insensible que meollo de infantes
y las viejas Penínsulas por el mar desgajadas
no han sufrido vaivenes más recios y triunfantes.

La tempestad bendijo mi despertar marino.
Diez noches he bailado más leve que un tapón
sobre olas que a las víctimas abrían el camino,
sin lamentar la necia mirada de un farón.

Cual para el niño poma modorra, regodeo
fue para el agua verde este casco de pino;
dispersando el timón y perdiendo el arpeo
me lavó de inmundicias y de manchas de vino.

Desde entonces me baña el poema del mar
lactascente, infundido de astros; muchas veces,
devorando lo azul, en él se va pasar
un pensativo ahogado de turbias palideces.

Algo tiñe la azul inmensidad y delira
en ritmos lentos, bajo el diurno resplandor.
Más fuerte que el alcohol, más vasta que una lira
fermenta la amargura de las pecas de amor.

He visto las resacas, la tormenta sonora,
las corrientes, las mangas -y de todo sé el nombre-;
cual vuelo de palomas a la exaltada aurora,
y alguna vez he visto lo que cree ver el hombre.

Yo he visto al sol manchado de místicos horrores,
alumbrando cuajados violáceos sedimentos.
Cual en dramas remotos los reflujos actores
lanzaban en un vuelo sus estremecimientos.

Soñé en la noche verde de espuma y nieve ahita
-en los ojos del mar, lentos besos de amor-
y en la circulación de la savia inaudita
que arrastra áureo y azul, al fósforo cantor.

Asaltando arrecifes, un mes tras otro mes,
seguí a la marejada histérica y vesánica,
sin creer que las Marías con sus fúlgidos pies
cortaran el resuello a la jeta oceánica.

¡No sabéis… ! Dí con muchas increíbles Floridas,
con ojos de panteras y con pieles humanas
mezclábanse arcos-iris, tendidos como bridas,
al rebaño marino de las verdosas lanas.

He visto fermentar las enormes lagunas
en cuyas espadañas se pudre un Leviathán
y he visto, con bonanza, desplomándose algunas
cataratas remotas que a los abismos van…

Vi el sol de plata, el nácar del mar, el cielo ardiente,
horrores encallados en las pardas bahías
y mucha retorcida y gigante serpiente
cayendo de los árboles, con fragancias sombrías.

Quisiera yo enseñar a un niño esas doradas
de la onda azul. pescados cantores, rutilantes…
Me bandijo la espuma al salir de las radas
y el inefable viento me elevó por instantes…

Fui mártir de los polos y las zonas hastiado,
el sollozo del mar dulcificó mi arfada;
con flores amarillas ventosas fui obsequiado,
y me quedé como una mujer arrodillada.

Igual que una península llevaba las disputas
y el fimo de chillonas aves de ojos melados,
y mientras yo bogaba, de entre jarcias enjutas
bajaban a dormir, de espaldas, los ahogados.

Y yo, barco perdido entre la cabellera
de ensenadas, al éter echado por la racha,
no merecí el remolque de anseáticas veleras
ni de los monitores, nave de agua borracha.

Humeante, libre, ornado de neblinas violetas
segué el cielo rojizo con brío de segur
llevando -almíbar grato a los buenos poetas-
mis líquenes de sol y mis mocos de azur.

Las lúnulas eléctricas me fueron recubriendo,
almadía, escoltada por negros hipocampos.
Las ardientes canículas golpearon abatiendo
en trombas, a los cielos de ultramarinos lampos.

Yo que temblé al oír a través latitudes
el rugir de los Behemots y los Maelstroms en celo,
eterno navegante de azuladas quietudes,
por los muelles de Europa ahora estoy sin consuelo.

Yo vi los archipiélagos siderales que el hondo
y delirante cielo abren al bogador.
¿Te recoges tú y duermes en las noches sin fondo,
millón de aves de oro, venidero Vigor?

El acre amor me ha henchido de embriagador letargo.
Lloré mucho. Las albas son siempre lacerantes.
Toda luna es atroz y todo sol amargo.
¡Que se rompa mi quilla y vaya al mar cuanto antes!

Si yo ansío algún agua de Europa es la del charco
negro y frío en el cual, al caer la tarde rosa,
en cuclillas y triste, un niño suelta un barco
endeble y delicado como una mariposa.

Ya nunca más podré, olas acariciantes,
aventajar a otros transportes de algodón,
ni cruzando el orgullo de banderas flameantes
nadar junto a los ojos horribles de un pontón.

NO HAY DOS SIN TRES

Al tiempo que bajaba por ríos impasibles,
Sentí que no me guiaban los hombres a la sirga:
Aullantes pieles rojas, tomándolos por blanco,
Los clavaron desnudos en postes de colores.

Portador de algodón inglés, trigo de Flandes,
Sin pena me tenían todos los tripulantes.
Cuando acabó aquel ruido a la par que mis hombres,
Me dejaron los Ríos marchar adonde quise.

Entre los chapoteos de la mar encrespada,
Yo, el invierno pasado, más sordo que el cerebro
De los niños… ¡bogaba! Penislas a la vela
Nunca experimentaron barullos más triunfantes.

La tempestad bendijo mi despertar marino.
Más ligero que un corcho bailé sobre las olas
(Eternas trajineras de víctimas las llaman),
¡Sin añorar, diez noches, a las bobas farolas!

Más dulce que manzanas agrillas para un niño,
Impregnó el agua verde mi cascarón de abeto
Y me lavó las manchas de tintorros y vómitos,
Dispersando el timón y el áncora de brazos.

Y desde entonces bogo inmerso en el Poema
De la mar, infundida de astros, lactescente,
Tragando verdes cielos por donde a veces baja,
Cuerpo arrobado y pálido, un muerto pensativo;

Donde, tiñendo súbitos azules, desvaríos
Y ritmos lentos bajo el rutilante día,
Más fuertes que el alcohol y más que nuestras liras,
¡Fermentan las amargas rojuras del amor!

Sé de cielos que rompen en rayos, y de trombas,
Resacas y corrientes; sé también del ocaso,
Del alba entusiasmada cual tribu de palomas,
¡He visto varias veces lo que ver cree el hombre!

¡Vi al sol poniente, sucio de místicos horrores,
Iluminando vastos coágulos violetas,
Y lejos, cual actrices de antiquísimos dramas,
Olas rodando al paso su temblor de postigos!

¡Soñé la verde noche de nieves deslumbradas,
Beso que asciende lento hasta los ojos mismos
Del mar, circulación de savias inauditas,
Y aviso azul y gualda de los cantantes fósforos!

¡He seguido por meses, como a piaras histéricas,
Embates de mareas contra los arrecifes,
Sin pensar que los pies de luz de las Marías
Domar pudieran morros asmáticos de Océanos!

¡Creánme que he tocado increíbles Floridas,
Donde ojos de pantera con piel de hombre a flores
Se mezclan! ¡Y arcos iris bajo el confín marino,
Tensados como bridas para glaucos rebaños!

¡He visto fermentar vastas marismas, nasas
En donde un Leviatán entre aulagas se pudre!
¡Avalanchas de aguas en medio de bonanzas,
Distancias que se abisman como las cataratas!

¡Soles de plata, heleros, alas de nácar, cielos
De brasa! ¡Horribles pecios engolfados en simas
Donde enormes serpientes, comidas por las chinches,
Con negro aroma caen desde torcidos árboles!

Quisiera haber mostrado a los niños doradas
De agua azul, esos peces de oro que salmodian.
–La espuma en flor meció mis salidas de rada
Y vientos inefables me alaron por instantes.

A veces, mártir harto de polos y de zonas,
La mar cuyo sollozo mi vaivén suavizaba,
Me subía, de amarillas ventosas, sus corolas
Brunas, y, cual mujer, de hinojos me quedaba…

Penisla que columpia en sus riberas guano
Y querellas de pájaros chillones de ojos rubios,
Yo navegaba, mientras por mis frágiles zunchos
¡Ahogados con sueño andaban para atrás!

Así, barco perdido entre pelo de ancones,
Lanzado por la tromba en el éter sin aves,
Yo, a quien acorazados o veleros del Hansa
No le hubieran salvado el casco ebrio de agua;

Libre, humeante, envuelto en brumazón violeta,
Yo, que horadaba el cielo rojizo como un muro
Que sostiene, jalea exquisita gustada
Por el poeta, líquenes de sol, muermos de azur;

Que corría empañado de lúnulas eléctricas,
Loca tabla escoltada por negros hipocampos,
Cuando julio derrumba, a grandes garrotazos,
Cielos ultramarinos en ardientes embudos;

Que temblaba al oír, gimiendo en lontananza,
Los Behemots en celo y los densos Maelstroms,
Hilandero perpetuo de quietudes azules,
¡La Europa de los viejos parapetos, yo añoro!

¡He visto siderales archipiélagos, islas
Cuyo cielo en delirio se abre al bogavante!
–¿Son noches abisales en que exiliado duermes,
Oh tú, Vigor futuro, millón de aves áureas?–

¡Cierto: mucho he llorado! El alba es dolorosa.
Toda luna es terrible, y todo sol, amargo.
El agrio amor me hinchó de embriagantes torpores:
¡Que mi quilla reviente! ¡Que me hunda en la mar!

Si algún agua de Europa deseo, ésa es la charca
Helada y negra donde en tardes perfumadas
Un niño encuclillado, hondo en tristezas, suelta
Un barquito muy frágil, mariposa de mayo…

No puedo, marejada, inmerso en tu apatía,
Escoltar ya el aguaje del barco algodonero,
Ni traspasar orgullos de banderas y grímpolas,
Ni nadar a la vista atroz de los pontones.

VERSIÓN DE JOSÉ LUIS RIVAS

Y UN CUARTO TOMA, YA

EL BARCO EBRIO

Cuando descendía los Ríos impasibles,
no me sentí guiado por los sirgadores:
los Pieles Rojas chillones los habían tomado por blancos,
habiéndolos clavado desnudos en postes de colores.

Me eran indiferentes todas las tripulaciones,
carguero de trigos flamencos o algodones ingleses.
Cuando con mis sirgadores terminó ese alboroto,
adonde yo quería ir me dejaron descender los Ríos.

En los chapoteos furiosos de las mareas,
yo, el otro invierno, más sordo que los cerebros de los niños,
¡corrí! Y las Penínsulas desamarradas
no han sufrido caos más triunfantes.

La tempestad ha bendecido mis despertares marítimos.
Más ligero que un corcho he bailado sobre las olas
a las que llaman rodadoras eternas de víctimas,
¡diez noches, sin añorar el ojo memo de los faros!

Más dulce que para los niños la carne de manzanas ácidas,
el agua verde penetró en mi cáscara de abeto
y de manchas de vinos azules y vómitos me lavó,
dispersando timón y rezón.

Y desde entonces, me he bañado en el Poema
del Mar, infundido de astros, y casi lechoso,
devorando los azures verdes; flotación lívida
y arrebatadora, un ahogado pensativo a veces desciende.

Donde, tintando de golpe las azulinas, delirios
y ritmos lentos bajo las rutilancias del día
más fuerte que el alcohol, más vastas que nuestras liras,
¡fermentan las rubicundeces amargas del amor!

Yo conozco los cielos rajándose en relámpagos, y las trombas
y las resacas y las corrientes: yo conozco la tarde,
el Alba exaltada como un pueblo de palomas,
¡y he visto algunas veces lo que el hombre ha creído ver!

He visto al sol bajo, manchado de horrores místicos,
iluminando largos coágulos violetas,
parecidos a actores de dramas antiquísimos
¡las olas rodando a lo lejos sus temblores de álabes!

He soñado la noche vrede de nieves deSlumbrantes,
besar subiendo los ojos de los mares con lentitudes,
la circulación de sabias inauditas,
¡y el despertar amarillo y azul de fósforos cantores!

He seguido, meses enteros, semejante a vaquerías
histéricas, al oleaje en el asalto de los arrecifes,
¡sin pensar que los pies luminosos de Marías
pudieran forzar el mono de Océanos asmáticos!

¡He chocado, ¿sabéis?, contra increíbles Floridas
mezclando a las flores ojos de panteras con pieles
de hombres! ¡Arco iris tensos como bridas
bajo el horizonte de los mares, en glaucon rebaños!

He visto fermentar los marjales enormes, nasas
donde se pudre en los juncos ¡todo un Leviatán!
¡Derrumbamientos de aguas en medio de bonanzas,
y las lejanías hacia los abismos en cataratas!

Glaciares, soles de plata, olas nacaradas, ¡cielos de brasas!,
encalladuras ocultas al fondo de golfos oscuros
donde las serpientes gigantes devoradas por los chinches
caen, ¡árboles torcidos, con negros perfumes!

Yo hubiera querido mostrar a los niños estos dorados
del oleaje azul, estos peces de oro, estos peces cantantes.
-Espumas de flores han mecido mis fugas de las radas
e inefables vientos me han alado por instantes.

A veces, mártir cansado de los polos y zonas,
el mar cuyo sollozo hacía mi balanceo suave,
subía hacia mí sus flores de sombra con ventosas amarillas
y yo me quedaba, igual que una mujer de rodillas…

Casi isla, bamboleando sobre mis bordes las querellas
y el estiércol de pájaros ladradores de ojos rubios.
Y yo bogaba, cuando a través de mis lazos frágiles
los ahogados bajaban a dormir, ¡a reculones!

Y yo, barco perdido bajo los cabellos de las ensenadas,
arrojado por el huracán en el éter sin pájaro,
yo cual los Monitorer y los veleros de las Hanses
no hubieran pescado el esqueleto borracho de agua;

Libre, humeante, montado por brumas violetas,
yo que horadaba el cielo enrojecido como un muro
que lleva, confitura exquisita para los buenos poetas,
líquenes de sol y mocos de azur;

que corría, salpicado de lúnulas eléctricas,
plancha loca, escoltado por hipocampos negros,
cuando los julios hacían hundirse a garrotazos
los cielos ultramarinos de ardientes entonelamientos;

yo que temblaba, oyendo gemir a cincuenta leguas
el celo de los Béhémots y los Maelstroms espesos,
hilador eterno de inmovilidades azules,
¡añoro la Europa de los antiguos parapetos!

¡Yo he visto archipiélagos siderales! e islas
en las que los cielos delirantes están abiertos al remero:
-¿es en estas noches sin fondo cuando duermes y te exilas,
millón de pájaros de oro, oh futuro Vigor?

¡Pero, cierto, que mucho he llorado! Las Albas son dolorosas.
Toda luna es atroz y todo sol amargo:
el acre amor me ha hinchado torpores embriagantes.
¡Oh que mi quilla estalle! ¡Oh que desaparezca en el mar!

Si yo deseo un agua de Europa, es la de la charca
negra y fría donde hacia el crepúsculo embalsamado
un niño en cuclillas lleno de tristezas, suelta
un barco frágil como una mariposa de mayo.

Yo ya no puedo, bañado por vuestras languideces,
oh olas, seguir la estela de los cargueros de algodones,
ni atravesar el orgullo de las banderas y los gallardetes,
ni nadar bajo los horribles ojos de los pontones.

¿?¿?¿?¿?¿?¿?¿?¿?¿?¿?¿?¿?¿?¿?¿?¿?¿?¿?¿?¿?¿?¿?¿?¿?¿?¿?¿?¿?¿?¿?¿?¿?¿?¿?¿?¿?
UNA  VERSIÓN  EN I NGLÉS

http://www.mag4.net/Rimbaud/poesies/Boat.html

The Drunken Boat

As I was floating down unconcerned Rivers
I no longer felt myself steered by the haulers:
Gaudy Redskins had taken them for targets
Nailing them naked to coloured stakes.

I cared nothing for all my crews,
Carrying Flemish wheat or English cottons.
When, along with my haulers those uproars were done with
The Rivers let me sail downstream where I pleased.

Into the ferocious tide-rips
Last winter, more absorbed than the minds of children,
I ran! And the unmoored Peninsulas
Never endured more triumphant clamourings

The storm made bliss of my sea-borne awakenings.
Lighter than a cork, I danced on the waves
Which men call eternal rollers of victims,
For ten nights, without once missing the foolish eye of the harbor lights!

Sweeter than the flesh of sour apples to children,
The green water penetrated my pinewood hull
And washed me clean of the bluish wine-stains and the splashes of vomit,
Carring away both rudder and anchor.

And from that time on I bathed in the Poem
Of the Sea, star-infused and churned into milk,
Devouring the green azures; where, entranced in pallid flotsam,
A dreaming drowned man sometimes goes down;

Where, suddenly dyeing the bluenesses, deliriums
And slow rhythms under the gleams of the daylight,
Stronger than alcohol, vaster than music
Ferment the bitter rednesses of love!

I have come to know the skies splitting with lightnings, and the waterspouts
And the breakers and currents; I know the evening,
And Dawn rising up like a flock of doves,
And sometimes I have seen what men have imagined they saw!

I have seen the low-hanging sun speckled with mystic horrors.
Lighting up long violet coagulations,
Like the performers in very-antique dramas
Waves rolling back into the distances their shiverings of venetian blinds!

I have dreamed of the green night of the dazzled snows
The kiss rising slowly to the eyes of the seas,
The circulation of undreamed-of saps,
And the yellow-blue awakenings of singing phosphorus!

I have followed, for whole months on end, the swells
Battering the reefs like hysterical herds of cows,
Never dreaming that the luminous feet of the Marys
Could force back the muzzles of snorting Oceans!

I have struck, do you realize, incredible Floridas
Where mingle with flowers the eyes of panthers
In human skins! Rainbows stretched like bridles
Under the seas’ horizon, to glaucous herds!

I have seen the enormous swamps seething, traps
Where a whole leviathan rots in the reeds!
Downfalls of waters in the midst of the calm
And distances cataracting down into abysses!

Glaciers, suns of silver, waves of pearl, skies of red-hot coals!
Hideous wrecks at the bottom of brown gulfs
Where the giant snakes devoured by vermin
Fall from the twisted trees with black odours!

I should have liked to show to children those dolphins
Of the blue wave, those golden, those singing fishes.
– Foam of flowers rocked my driftings
And at times ineffable winds would lend me wings.

Sometimes, a martyr weary of poles and zones,
The sea whose sobs sweetened my rollings
Lifted its shadow-flowers with their yellow sucking disks toward me
And I hung there like a kneeling woman…

Almost an island, tossing on my beaches the brawls
And droppings of pale-eyed, clamouring birds,
And I was scudding along when across my frayed cordage
Drowned men sank backwards into sleep!

But now I, a boat lost under the hair of coves,
Hurled by the hurricane into the birdless ether,
I, whose wreck, dead-drunk and sodden with water,
neither Monitor nor Hanse ships would have fished up;

Free, smoking, risen from violet fogs,
I who bored through the wall of the reddening sky
Which bears a sweetmeat good poets find delicious,
Lichens of sunlight [mixed] with azure snot,

Who ran, speckled with lunula of electricity,
A crazy plank, with black sea-horses for escort,
When Julys were crushing with cudgel blows
Skies of ultramarine into burning funnels;

I who trembled, to feel at fifty leagues’ distance
The groans of Behemoth’s rutting, and of the dense Maelstroms
Eternal spinner of blue immobilities
I long for Europe with it’s aged old parapets!

I have seen archipelagos of stars! and islands
Whose delirious skies are open to sailor:
– Do you sleep, are you exiled in those bottomless nights,
Million golden birds, O Life Force of the future? –

But, truly, I have wept too much! The Dawns are heartbreaking.
Every moon is atrocious and every sun bitter:
Sharp love has swollen me up with heady langours.
O let my keel split! O let me sink to the bottom!

If there is one water in Europe I want, it is the
Black cold pool where into the scented twilight
A child squatting full of sadness, launches
A boat as fragile as a butterfly in May.

I can no more, bathed in your langours, O waves,
Sail in the wake of the carriers of cottons,
Nor undergo the pride of the flags and pennants,
Nor pull past the horrible eyes of the hulks.

– As translated by Oliver Bernard: Arthur Rimbaud, Collected Poems (1962).
Necessaryprose.com: Essay on the Drunken Boat: The Crux of Rimbaud’s Poetics. By Eric Mader-Lin.

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Por Armando

Un comentario en «Le Bateau Ivre, dos traducciones»

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